Randonnée et yoga : pourquoi sont-ils si complémentaires ?

Novembre 2026

Randonneur en pause face à un lac de montagne, entre randonnée et yoga

Accompagnatrice en montagne et enseignante de yoga en Valais : sur le papier, le combo semble parfait. Lorsque j’ai obtenu mon brevet fédéral d’accompagnatrice en montagne, je visualisais déjà mes futures sorties : des journées dehors, des groupes en chemin, un tapis de yoga accroché sur le côté du sac à dos.

Pourtant, je n’ai jamais vraiment réussi à proposer le yoga sous cette forme.

D’abord parce que ce que j’aime le plus, ce sont les randonnées de plusieurs jours. En itinérance, chaque kilo compte. Le tapis reste donc à la maison.

Mais surtout parce que faire des chiens tête en bas face à la montagne ne m’a jamais semblé très naturel. Je peine à proposer des enchaînements de postures au milieu d’une journée de marche.

Lorsque je pars plusieurs jours, j’ai plutôt envie de laisser la marche faire son travail : le corps se met en mouvement, le souffle trouve son rythme, les pensées ralentissent. Alors, quelle place pour le yoga ?

L’assise et la marche

Il y a quelques années, j’ai découvert L’assise et la marche, de Jean-Yves Leloup. Théologien et philosophe, il y met en regard deux expériences qui pourraient sembler opposées : l’immobilité de l’assise et le mouvement de la marche. Il décrit ces deux postures comme complémentaires face à l’existence.

Cet ouvrage m’a marquée parce qu’il jette un pont entre deux élans que je ressens. Je n’ai pas à choisir entre être celle qui marche et celle qui s’assied. Entre être celle qui se tait et celle qui éclate de rire. Entre être celle qui jeûne et celle qui se réjouit de l’apéro.

En montagne, j’aime sentir les muscles de mes jambes qui se contractent, le dos qui soutient mon sac, mon souffle qui s’accélère avant de trouver son rythme de croisière. J’aime le picotement de la transpiration sur ma peau.

Mais j’ai aussi besoin, à certains moments, de m’arrêter. De m’asseoir et de ne rien faire pendant quelques minutes.

Et c’est là que mes deux pratiques se rejoignent.

Mais alors, est-ce encore du yoga ?

Oui.

Un des textes fondateurs du yoga, les Yoga Sūtras de Patanjali, présente une voie en huit membres, dont les postures physiques ne constituent qu’une partie. Respiration, concentration, retrait des sens, méditation ou principes éthiques participent tout autant à cette tradition.

Cette conception plus large de la pratique résonne avec ma manière de la vivre aujourd’hui. Le yoga ne se résume pas à une heure de pratique sur le tapis – ce que j’ai par ailleurs beaucoup de plaisir à proposer lors de mes cours hebdomadaires.

En montagne, la marche peut devenir un exercice d’attention au corps. Une pause face à un paysage, un moment de concentration. La cueillette de myrtilles, de la pleine conscience gourmande.

Mes séjours de randonnée et yoga

C’est ainsi que j’ai eu à cœur de mener mes séjours de randonnée et yoga jusqu’ici. Pas en transposant la séance que je dispense en salle à 2000 mètres d’altitude, mais en laissant les deux pratiques se rencontrer de manière fluide.

Durant ces treks, il y avait les kilomètres et le dénivelé, bien sûr. Mais aussi des temps de silence, des respirations, de la lecture, de la contemplation. Chacun pouvait revenir à soi sans que le groupe cesse d’exister.

Et puis naturellement, le silence se rompait et les conversations reprenaient. Et en fin de journée, les rires autour d’une bière et d’un bol de chips.

C’est tout simplement magique de réaliser que ces ambiances si différentes peuvent coexister sans s’annuler!

Alors, je décide de me faire confiance et de ne plus chercher à faire entrer à tout prix le yoga postural dans mes randonnées. Parfois, il trouve naturellement sa place pour étirer les muscles en fin de journée et parfois, il n’a pas lieu d’être.

Et tout va très bien ainsi !

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